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POURQUOI CERTAINS FRANÇAIS NE PARTENT-ILS TOUJOURS PAS EN VACANCES ?

14 août 2026

Revenus, contraintes de temps, freins psychologiques : ce qui empêche encore un Français sur cinq de voyager

Si les vacances restent un temps fort pour une majorité de Français, le départ n'est pas accessible à tous. En 2024, 19 % des Français de 15 ans et plus, soit environ 10,4 millions de personnes, ne sont pas partis en voyage pour motif personnel.

Le niveau de revenu constitue un facteur déterminant : 40 % des personnes vivant dans un ménage disposant de moins de 1 500 € par mois ne sont pas parties, contre seulement 10 % au-delà de 3 800 € de revenus mensuels.



Un frein d'abord financier


En 2025, 22,2 % de la population déclarait ne pas avoir les moyens de financer au moins une semaine de vacances dans l'année, selon l'Insee. Cette difficulté concerne particulièrement les ménages les plus fragiles, notamment les familles monoparentales, les chômeurs et les ménages modestes.



Au-delà du budget du séjour, c'est l'ensemble du coût des vacances qui peut peser sur la décision : transport, hébergement, restauration et activités. Face à ces contraintes, les Français adaptent leurs pratiques. Le bilan touristique 2024 du ministère de l'Économie montre ainsi que les considérations budgétaires constituaient la première raison de non-départ, citée par 36 % des non-partants. Ceux qui partent cherchent également davantage à maîtriser leurs dépenses, en privilégiant notamment des hébergements jugés plus économiques et plus flexibles.


Des freins qui vont au-delà du budget


Mais l'argent n'explique pas tout. L'Insee identifie également d'autres freins : l'envie de rester chez soi, les problèmes de santé ou de mobilité, le manque de temps lié au travail ou aux études, ainsi que les contraintes familiales. En 2022, parmi les personnes n'ayant effectué aucun voyage personnel, 30 % citaient leur préférence pour rester chez elles, 24 % des raisons de santé ou de mobilité, 13 % le manque de temps lié au travail ou aux études et 12 % des contraintes familiales.



Enfin, certains freins sont moins visibles : ne pas savoir comment organiser un séjour, se sentir illégitime face à l'offre touristique ou ne pas connaître les dispositifs d'aide peuvent également éloigner les publics les plus fragiles des vacances. Une étude du Credoc publiée par l'ANCV en 2026 souligne ainsi que les obstacles au départ sont à la fois financiers, mais aussi psychologiques et pratiques.


Ce que cela signifie pour les professionnels du tourisme


Pour les professionnels du tourisme, ces constats invitent donc à dépasser la seule question du prix. Faciliter le départ passe aussi par :

  • une offre lisible et compréhensible,

  • des solutions de transport et d'hébergement accessibles,

  • des séjours flexibles,

  • une communication adaptée aux différents publics,

  • une meilleure visibilité des dispositifs d'aide.


L'enjeu est de rendre les vacances non seulement désirables, mais réellement accessibles au plus grand nombre.



Sources : Insee, L'essentiel sur le tourisme (2025) ; Insee, Privation matérielle et sociale (2025) ; Ministère de l'Économie, Bilan touristique de la période estivale 2024 ; ANCV/CREDOC, Les freins au départ en vacances (étude 2025, publiée en 2026).

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